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Guide d'installation

Prix d'une borne posée : ce que coûte chaque palier de puissance

Wallbox murale blanche dans un garage, câble de recharge enroulé sur son support et tableau électrique ouvert

« J’ai deux devis du même électricien, pour le même garage. 1 490 € pour une borne de 7,4 kW, 2 350 € pour une 11 kW. D’où sortent les 860 € ? »

Pas du boîtier. Chez un distributeur spécialisé, une wallbox Hager Witty One se vend 661,80 € TTC en 7,4 kW monophasée et 673,80 € en 11 kW triphasée. Douze euros. Ce qui coûte, c’est ce qu’il faut changer autour d’elle, et un seul critère décide du reste : le palier visé oblige-t-il à toucher au branchement de la maison ? En dessous de cette ligne, changer de palier se joue à quelques dizaines d’euros. Au-dessus, ça dépasse le millier.

Ce qu’un devis affiche, palier par palier

Les fourchettes relevées en 2026 chez les artisans, pose et matériel compris, tiennent en quatre lignes. Elles supposent une maison individuelle, un tableau accessible et une dizaine de mètres entre le compteur et le point de charge.

PalierPrix posé TTC, matériel et pose
Prise renforcée 3,7 kW500 à 1 000 €
Wallbox 7,4 kW monophasée1 200 à 2 500 €
Wallbox 11 kW triphasée1 500 à 3 000 €
Wallbox 22 kW triphasée2 000 à 3 500 €

Elles sont larges parce qu’elles mélangent des situations qui n’ont rien à voir. Un devis d’électricien IRVE se décompose en général ainsi : 600 à 1 800 € de matériel, 80 à 250 € de câblage et d’accessoires, 150 à 400 € de protections électriques, et 400 à 800 € de main-d’œuvre pour la pose, le raccordement et la mise en service.

La distance entre le tableau et la borne fait bouger la ligne « câblage » plus vite qu’on ne le croit. Dix mètres de plus dans une gaine existante coûtent une centaine d’euros. Dix mètres à travers un mur de pierre, avec tranchée et reprise d’enduit, c’est un autre chantier.

Le boîtier ne fait que 12 à 165 € de l’écart

Quatre modèles vendus en France en septembre 2026, chacun décliné en monophasé et en triphasé, situent l’ordre de grandeur.

ModèleMonophaséTriphaséÉcart
Hager Witty One661,80 € en 7,4 kW673,80 € en 11 kW12,00 €
Wallbox Pulsar Max786,00 € en 7,4 kW852,00 € en 22 kW66,00 €
V2C Trydan749,00 € en 7,4 kW849,00 € en 22 kW100,00 €
Legrand Green’up Home778,52 € en 7,4 kW942,00 € en 22 kW163,48 €

L’écart le plus large de cet échantillon ne dépasse pas 165 €. Les protections suivent la même logique : un interrupteur différentiel Hager 40 A type A Hi coûte 193,28 € en 1P+N, 244,64 € en 3P+N. Cinquante et un euros. Le câble d’alimentation passe de trois à cinq conducteurs, ce qui ajoute quelques euros au mètre.

Additionnez : 250 à 300 € de matériel supplémentaire pour passer du 7,4 au 11 kW. Le devis, lui, réclamait 860 €.

Le triphasé se paie chez Enedis, pas chez l’électricien

Le reste part dans une opération que la plupart des devis ne chiffrent pas, parce qu’elle ne leur appartient pas.

Une borne de 11 ou 22 kW exige trois phases. Si la maison est en monophasé, le gestionnaire de réseau doit intervenir sur le branchement : la prestation est facturée 184,84 € TTC en heures ouvrées, 318,09 € hors heures ouvrées, avec une dizaine de jours ouvrés de délai. Elle comprend le changement du disjoncteur d’abonné, et rien d’autre. La reprise du tableau revient à l’électricien : 500 à 1 500 € de plus selon ce qu’il trouve derrière la porte.

Puis vient la facture annuelle. Au tarif réglementé, l’abonnement passe de 238,56 € par an en 9 kVA à 285,12 € en 12 kVA. Une borne de 22 kW appelle à elle seule une vingtaine de kVA : sans pilotage de la charge, il faut souscrire 30 ou 36 kVA, et l’abonnement double presque. Depuis le 1er août 2026, les puissances de 9 à 36 kVA en option Base sont d’ailleurs fermées à la souscription pour un particulier. Un nouvel abonné bascule en heures creuses ou sur une offre de marché.

Il existe une sortie, et elle coûte moins cher que le changement d’abonnement : faire moduler la borne selon ce que le reste du logement consomme au même instant.

Ce que le palier change chez vous

    La borne ne dépasse jamais le chargeur de la voiture

    Le palier acheté ne sert que si la voiture sait l’encaisser. En courant alternatif, c’est le chargeur embarqué qui plafonne, pas la prise murale.

    La plupart des modèles vendus aujourd’hui s’arrêtent à 7,4 ou 11 kW. Les 22 kW en alternatif restent une exception : Zoé, Twingo Z.E., quelques Renault et Audi. Une Tesla, une Kia, une Hyundai branchées sur une borne de 22 kW chargent à 11 kW, et pas un watt de plus.

    Un propriétaire de Model 3 qui paie le palier 22 kW achète donc 1 000 € de branchement pour une puissance que sa voiture refusera.

    Ce que le 3,7 kW fait mieux, et la condition qui peut lui coûter cher

    La prise renforcée est le palier qu’on écarte trop vite. Posée, elle revient à 500 à 1 000 €. Ni branchement à modifier, ni abonnement à revoir. Et pour qui roule 40 km par jour, soit environ 8 kWh, elle refait le plein en un peu plus de deux heures de nuit. Le 7,4 kW ne fait gagner que du temps dont personne ne se sert.

    Elle a aussi un avantage réglementaire : le décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 ne réserve à un installateur qualifié que les infrastructures dépassant 3,7 kW. En dessous, n’importe quel électricien peut intervenir.

    Le piège est là. La TVA réduite à 5,5 % relève du N de l’article 278-0 bis du code général des impôts, qui pose trois conditions : local d’habitation, configuration conforme à l’arrêté et prestation réalisée par une personne répondant aux critères de qualification. Cette troisième condition ne s’arrête pas à 3,7 kW. Une prise renforcée installée par un électricien sans mention IRVE part donc à 20 %. Sur 850 € hors taxes, la TVA passe de 46,75 € à 170 € : 123 € de plus, pour une économie de main-d’œuvre qui n’aura jamais atteint ce montant.

    Qui prend quel palier

    Maison en monophasé 9 kVA, une voiture, moins de 60 km par jour : le 7,4 kW, et rien au-dessus. Le branchement ne bouge pas, l’abonnement non plus, et la voiture est pleine chaque matin. C’est le palier majoritaire, et il l’a mérité.

    Maison déjà en triphasé : le 11 kW. Le boîtier coûte quelques dizaines d’euros de plus, les protections une cinquantaine, et le seul poste vraiment cher, le branchement, est déjà payé. Refuser le 11 kW dans cette situation revient à économiser 100 € pour diviser par deux sa vitesse de charge.

    Deux voitures, un véhicule à chargeur 22 kW ou un abonnement déjà à 36 kVA : le 22 kW se défend. Hors de ces trois cas, il se paie sans rien rendre.

    Moins de 15 000 km par an et une place de parking à côté du tableau : la prise renforcée suffit, à condition de la faire poser par un installateur qualifié, sans quoi la TVA réduite saute.