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Recharge
Guide d'installation
Financement & aspects pratiques

Aides à l'installation d'une borne de recharge : ce qui reste, et pour qui

Wallbox blanche fixée au mur d'un garage de maison, câble enroulé sur son crochet

« On m'a dit qu'il y avait 500 € à récupérer sur les impôts pour une borne. Je fais poser la mienne en octobre : je coche quelle case ? » Aucune. Le crédit d'impôt qui donnait ces 500 € s'est éteint le 31 décembre 2025, et la loi de finances pour 2026 ne l'a pas reconduit.

Ce qui reste tient en peu de lignes. Et tout dépend d'abord de votre logement : un appartement avec place en sous-sol et un pavillon avec garage ne relèvent pas du même régime. L'écart se chiffre à un millier d'euros.

AidePour quiCombienDémarche
TVA à 5,5 %Maison et appartement14,5 points de moins que le taux normalAucune, appliquée sur la facture
Advenir, point individuelCopropriété seulement50 %, jusqu'à 1 000 € HTOffre signée avant les travaux
Advenir en zone non interconnectéeCorse, outre-mer, îles du Ponant50 %, jusqu'à 1 300 € HTPilotage EDF-SEI imposé
Aides des collectivitésSelon le territoireQuelques centaines d'eurosMairie, département, région
Crédit d'impôtPlus personne0 €Éteint le 31/12/2025

Ce qui a disparu, et ce qui n'a jamais existé

Le crédit d'impôt de l'article 200 quater C du code général des impôts rendait 75 % de la dépense, plafonnés à 500 € par système de charge pilotable, dans une résidence principale ou secondaire non louée. Son terme était écrit dans le texte lui-même. Des amendements ont tenté de le prolonger pendant l'examen du budget ; aucun n'est passé. Si votre facture a été acquittée avant le 31 décembre 2025, elle ouvre encore droit à quelque chose, à déclarer au printemps 2026 sur les revenus de l'année précédente. Sinon, non.

L'autre malentendu est plus ancien, et il se découvre en général une fois le devis signé. La prime Advenir n'a jamais concerné la maison individuelle. Le programme l'écrit sans détour : les points de recharge en logement individuel de type pavillon ne sont pas éligibles. Le périmètre est le même depuis l'origine du dispositif. C'est ce qui explique qu'un installateur vous annonce une prime que votre voisin d'en face n'obtiendra jamais.

La TVA à 5,5 %, la seule aide qui suive le pavillon

Elle ne se demande pas. L'installateur l'applique sur sa facture. Aucun formulaire, aucun dossier à monter. Sur 1 600 € de travaux hors taxes, la taxe tombe de 320 à 88 €.

Le texte est le N de l'article 278-0 bis du code général des impôts, précisé par l'arrêté du 22 juin 2023. Trois conditions, pas une de plus. L'infrastructure est posée dans un local d'habitation et sert à ses résidents. C'est une borne à socle ou connecteur de type 2 au sens de la norme NF EN 62196-2, ou une prise renforcée de type E conforme à la NF C61-314 et admettant au moins 14 A. Celui qui pose est habilité, et qualifié IRVE au-delà de 3,7 kW.

Ce qui n'apparaît nulle part dans cette liste : l'âge du logement. La règle des deux ans d'ancienneté appartient au régime des travaux de rénovation, pas à celui-ci. Une maison livrée l'an dernier ouvre le même taux qu'un pavillon de 1975. Le taux porte sur la prestation. Une wallbox commandée seule sur internet et branchée par un proche reste taxée à 20 %, et la pose par le propriétaire fait tomber la condition de qualification.

La prime Advenir : combien, et pour qui

Elle vise le résidentiel collectif, et elle y couvre la moitié de la facture hors taxes. Un point de recharge individuel sur une place privative en copropriété est plafonné à 1 000 € HT. Une solution partagée, c'est-à-dire une borne que plusieurs résidents se répartissent, monte à 1 660 € HT, plus 3 000 € si le projet impose de créer un point de livraison. L'infrastructure collective, la colonne électrique qui dessert tout le parking, relève d'une prime à part, cumulable avec les précédentes : le programme publie ses montants par type de prime.

Une limite passe souvent inaperçue. Au-delà de 25 kW, un point de recharge sort du programme. Sur une place privative, personne n'approche ce seuil ; sur un projet de copropriété qui ajoute une borne rapide pour les visiteurs, vérifiez-le avant de signer.

Les 50 % ne portent pas sur le devis entier

C'est le point qui déçoit une fois le chantier fini. L'assiette de la prime retient deux choses : la fourniture de la borne, et son raccordement à l'installation existante, entendu comme le génie civil et le câble entre la borne et le premier tableau qui l'alimente, divisionnaire ou général.

Sortent de l'assiette le pré-équipement électrique, les tableaux, les chemins de câbles, un transformateur, une augmentation de puissance, la création d'un local technique, les études, la gestion de dossier et le bureau de contrôle. La ligne la plus surprenante concerne la maintenance, la supervision et l'abonnement au pilotage : ils ne comptent pas non plus, alors même que le cahier des charges du programme les rend obligatoires.

Un exemple. Un devis de 2 400 € HT porte 900 € de renforcement de tableau et 200 € d'abonnement de supervision. L'assiette tombe à 1 300 €, la prime à 650 €, pas 1 200. Le détail des coûts éligibles est publié, et se recoupe ligne à ligne avec votre devis d'électricien IRVE.

L'ordre des étapes pèse autant que le montant. L'offre de prime se signe avant les travaux, sur la plateforme du programme, et elle vaut six mois. Les travaux et les pièces justificatives tiennent dans ce délai ; le versement suit sous quarante-cinq jours. Un chantier lancé avant la signature de l'offre ne se rattrape pas.

Corse, outre-mer et îles du Ponant : un barème à part

Les zones non interconnectées au réseau continental ont leurs propres plafonds, plus élevés. Un point de recharge individuel en résidentiel collectif y monte à 1 300 € HT au lieu de 1 000, une solution partagée à 1 960 €, et l'infrastructure collective démarre à 12 500 € par copropriété. Sont concernées la Corse, La Réunion, la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte et les îles du Ponant.

La contrepartie est technique. Toute prime y est conditionnée à un pilotage de la recharge par le signal réseau EDF-SEI. Ce signal écarte la recharge de la pointe de consommation du soir et la ramène sur les heures où le mix électrique de l'île est le moins carboné. La prime plus élevée achète donc un effacement, sur des réseaux qui ne peuvent rien importer d'ailleurs. Le programme publie ses modalités propres à ces territoires.

Les aides locales, et par où commencer

Les collectivités sont le seul endroit où un pavillon peut encore trouver de l'argent. Régions, départements, intercommunalités et communes financent parfois l'installation, souvent à hauteur de quelques centaines d'euros, et ces dispositifs ouvrent et se referment au rythme des budgets votés. Aucun guichet national ne les rassemble : l'information se prend auprès de la mairie et du conseil départemental, et elle se vérifie l'année où vous faites poser, pas l'année d'avant.

Méfiance avec les « aides fournisseur ». Les offres des grands énergéticiens reposent sur les certificats d'économies d'énergie, la ressource même qui finance Advenir, piloté par l'Avere-France pour le compte du ministère de la Transition écologique. C'est la prime existante, sous une autre marque.

Restent les gestes, dans l'ordre. Regardez si votre logement est collectif ou individuel, puisque tout en découle. Vérifiez que l'électricien porte l'habilitation et la qualification IRVE : c'est la condition commune au taux réduit de TVA et à la prime, et celle qui fait tomber un dossier des mois après le chantier. Puis, en copropriété, signez l'offre de prime avant le premier coup de perceuse.