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Électricien IRVE : la qualification obligatoire, ce qu'il fait chez vous et comment le choisir

Tableau électrique ouvert dans un garage, avec un disjoncteur différentiel isolé et un câble de forte section partant vers la borne

Les pages qui expliquent l'obligation citent presque toutes le même texte : l'article 22 du décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017. Cet article n'existe plus. Il a été abrogé par l'article 2 du décret n° 2024-649 du 30 juin 2024, entré en vigueur immédiatement.

L'obligation, elle, n'a pas perdu une virgule. Elle a été recopiée dans le code de l'énergie, à l'article D. 353-2, avec un changement qui vous concerne directement : l'organisme qui délivre la qualification n'est plus accrédité par le Cofrac, il est agréé par les ministères. Les certificats délivrés avant le 30 juin 2024 par un organisme accrédité n'ont valu que jusqu'au 31 décembre 2024.

Pour une maison, la ligne de partage est nette. Une prise renforcée posée seule y échappe. Une borne murale de 7,4 kW, non.

Le seuil de 3,7 kW se compte sur l'installation entière

L'article D. 353-2 superpose deux exigences. La première vaut pour tout point de recharge, quelle que soit sa puissance : il est posé par un professionnel habilité au sens de l'article R. 4544-9 du code du travail. C'est l'habilitation électrique ordinaire, celle que tout électricien détient.

La seconde ne s'applique qu'au-delà d'un seuil, et le texte la formule par exclusion. Échappent à la qualification IRVE « les infrastructures d'une puissance totale inférieure ou égale à 3,7 kW installées dans un bâtiment d'habitation privé ou dans une dépendance d'un bâtiment d'habitation privé » et non accessibles au public. Deux mots portent tout le reste : puissance totale. Le compte ne se fait pas point par point. Deux prises renforcées de 3,7 kW dans le même garage forment une infrastructure de 7,4 kW, et la qualification redevient obligatoire.

Le même seuil vaut pour la suite du cycle de vie : au-delà de 3,7 kW, l'entreprise qui viendra dépanner la wallbox doit porter une qualification où la maintenance est identifiée. Un installateur qualifié ne l'est pas automatiquement pour la maintenance.

La qualification appartient à l'entreprise, pas à l'homme qui perce le mur

« Électricien IRVE » est un raccourci commode. Ce que le texte exige, c'est un professionnel titulaire d'une qualification, et cette qualification se délivre à une entreprise, sur dossier : références de chantiers, moyens techniques, personnel formé. Le technicien qui sonne chez vous travaille sous ce certificat. Il n'en porte pas un à son nom, et lui demander sa carte IRVE ne mène nulle part.

Le contrôle porte donc sur l'entreprise, dans l'annuaire en ligne de l'organisme qui l'a qualifiée. Quatre organismes interviennent aujourd'hui : Qualifelec, AFNOR Certification, Qualit'EnR et l'OPQIBI pour les études de conception. L'arrêté du 26 novembre 2024 a agréé Qualifelec et Qualit'EnR pour cinq ans, en application de l'article R. 125-40 du code de la construction et de l'habitation.

Trois informations se lisent sur la fiche : la mention IRVE, son niveau et la date de fin de validité. Une entreprise qualifiée en 2021 dont le certificat n'a pas été renouvelé n'est plus qualifiée, et l'annuaire le dit avant le devis. C'est le seul contrôle qui ne repose pas sur la parole de celui qui vend le chantier.

Trois niveaux de mention IRVE, et celui qu'il faut chez un particulier

La mention se décline en niveaux. Ils délimitent le type d'installation que l'entreprise a le droit de prendre, et rien de plus : un niveau élevé ne dit rien de la propreté du travail.

MentionCe qu'elle autoriseLe cas type
Niveau 1jusqu'à 22 kW en courant alternatif, sans supervisionmaison individuelle
Niveau 2jusqu'à 22 kW en alternatif, borne communicante et superviséecopropriété, entreprise, hôtel
Niveau 3recharge rapide en courant continu, au-delà de 22 kWstation publique, autoroute
Études de conceptionl'étude électrique préalable au chantier4 points de charge en collectif, parc de 50 places
Maintenancel'intervention sur une borne déjà en servicecontrat d'entretien

Une borne murale dans un garage relève du premier. Un parking de copropriété avec supervision et refacturation par place relève du deuxième. Le troisième couvre la recharge rapide en courant continu, celle des stations d'autoroute. Payer plus cher une entreprise de niveau 3 pour une borne de maison n'achète rien. Qualit'EnR délivre de son côté une qualification distincte, Recharge Elec+, qui couvre les équipements jusqu'à 36 kVA en courant alternatif.

Un cas de plus attend les copropriétés : l'étude de conception électrique devient obligatoire dès quatre points de charge dans un immeuble collectif, ou dans un parc de cinquante places. Elle relève d'une qualification d'études, pas d'installation. Elle se commande donc à part, et l'entreprise qui pose n'est pas toujours celle qui la porte.

Ce qu'il fait chez vous, et ce que le certificat ne couvre pas

Deux obligations pèsent encore sur l'installateur, et ce sont les deux qui séparent une borne posée d'une borne posée correctement. Il vérifie que l'installation électrique existante répond aux exigences de sécurité en vigueur. Et il tire un circuit spécialisé pour chaque point de recharge, protégé par son propre dispositif différentiel de 30 mA au plus, dédié à ce circuit et non partagé avec l'éclairage du garage. Le schéma de raccordement montre à quoi ressemble cette ligne réservée.

Le reste du chantier ne figure dans aucun texte : le relevé du tableau, la section du câble calculée sur la distance réelle, la reprise de la mise à la terre, le réglage du délestage quand l'abonnement ne suit pas. C'est là que deux devis s'écartent de plusieurs centaines d'euros, et la mention IRVE ne dit rien de cette partie.

Une dernière pièce se joue avant la mise en service : l'attestation de conformité du Consuel. Elle est exigée au-delà de 36 kW et, dans les bâtiments d'habitation collectifs, quelle que soit la puissance. Dans un parking d'immeuble, une borne de 7,4 kW la déclenche ; posée dans le garage d'un pavillon, la même borne y échappe.

TVA à 5,5 % : la qualification n'est pas toujours la condition

L'équation qui circule est simple : pas d'installateur IRVE, pas de taux réduit. L'arrêté qui fixe les conditions dit autre chose. L'article 278-0 bis N du code général des impôts soumet la pose et l'entretien d'une infrastructure de recharge en local d'habitation au taux de 5,5 %, et l'arrêté du 22 juin 2023 en a détaillé les conditions à l'article 30-0 H de l'annexe IV du même code.

Elles sont deux. L'équipement doit être une borne à socle ou connecteur de type 2, au sens de la norme NF EN 62196-2, ou une prise renforcée de type E supportant au moins 14 A. Et le poseur doit être titulaire d'une habilitation IRVE, la qualification ne s'ajoutant que « lorsque la puissance de l'équipement installé dépasse 3,7 kW ». Une prise renforcée posée par un électricien sans mention IRVE ouvre donc le taux réduit, à condition qu'une seule facture porte la fourniture et la pose.

Par où commencer

La puissance décide de tout le reste, alors choisissez-la en premier, sur le chargeur embarqué de votre voiture plutôt que sur la fiche de la borne. Au-delà de 3,7 kW, cherchez l'entreprise dans l'annuaire de Qualifelec, de Qualit'EnR ou d'AFNOR Certification, relevez son numéro de certificat et sa date de fin de validité, puis exigez une visite sur place avant tout chiffrage. Un devis établi au téléphone ignore la distance du tableau à la borne, et c'est souvent elle qui sépare deux propositions sur le même matériel.