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L'Europe prend (enfin) des mesures au sujet du vol des câbles de recharge, mais cela ne sera pas suffisant

L'Union européenne vient d'adopter un nouveau règlement qui simplifie le remplacement des câbles de recharge endommagés ou volés, sans imposer de nouvelles vérifications métrologiques. Une mesure bienvenue pour les opérateurs qui croulent sous les vols, mais qui ne s'attaque pas au fond du problème : l'absence de contrôle des filières de rachat de métaux. Pour Aurélien de Meaux, patron d'Electra, faciliter le remplacement revient à "faciliter le prochain vol."

Un nouveau règlement pour accélérer le remplacement des câbles

L'Union européenne a récemment adopté un règlement destiné à lever les freins administratifs qui compliquaient jusqu'ici la maintenance des bornes de recharge publiques. L'objectif principal : harmoniser les règles européennes et permettre un remplacement plus rapide des câbles endommagés ou volés.

Jusqu'à présent, le changement d'un câble pouvait déclencher de nouvelles procédures de vérification métrologique, c'est-à-dire des contrôles destinés à garantir que la borne mesure correctement l'énergie délivrée et facturée à l'utilisateur. Ces vérifications entraînaient des délais supplémentaires — parfois plusieurs semaines — et des coûts importants pour les opérateurs de recharge (CPO).

Le nouveau texte stipule que les câbles de recharge devront pouvoir être remplacés facilement, sans que ce remplacement remette en cause la conformité de l'appareil. Concrètement, un opérateur pourra changer un câble arraché ou volé sans déclencher une nouvelle homologation de la borne elle-même.

Le règlement doit entrer en vigueur vingt jours après sa publication au Journal officiel de l'Union européenne. Les États membres disposeront ensuite de deux ans pour l'intégrer dans leur droit national. D'ici là, les opérateurs peuvent espérer une réduction des délais d'indisponibilité — du moins en théorie.

Le vol de câbles, un fléau en pleine expansion

Partout en Europe, et particulièrement en France, les vols de câbles sur les bornes publiques se multiplient. Ce phénomène touche toutes les zones : grandes métropoles, zones périurbaines, stations sur autoroute. La métropole lilloise est récemment citée comme un exemple frappant, avec une recrudescence décrite comme un "carnage" par certains opérateurs locaux.

Le mode opératoire est simple : les voleurs arrachent le câble de recharge, souvent en quelques minutes, pour revendre le cuivre et les autres métaux qu'il contient. Le gain pour le voleur est faible — quelques dizaines d'euros tout au plus — mais le préjudice pour l'opérateur se chiffre en centaines d'euros par borne, sans compter les journées d'indisponibilité et la perte de confiance des utilisateurs.

Pour tenter de limiter les dégâts, certains opérateurs ont déployé des dispositifs de protection, comme des gaines renforcées ou des "chaussettes" enroulées autour des câbles. Mais ces solutions restent d'une efficacité limitée : un câble protégé reste un câble accessible, et le matériel de coupe suffit dans la plupart des cas.

Ce type de vol ne concerne d'ailleurs pas que les bornes de recharge. Les caténaires SNCF, les réseaux cuivre de télécommunication, le ferraillage de chantier ou encore les pots catalytiques sont régulièrement ciblés pour les mêmes raisons : un marché de revente facile et peu contrôlé.

Une solution qui ne règle pas la cause du problème

Si le règlement européen est accueilli favorablement pour sa capacité à alléger les contraintes logistiques, il suscite aussi une critique unanime chez les opérateurs : il traite le symptôme, pas la cause.

Aurélien de Meaux, patron d'Electra, l'a exprimé sans détour sur LinkedIn fin février : "La seule solution c'est le contrôle des points de rachat de ces métaux. Et ça calmerait bien des incivilités : câbles de bornes, caténaires, réseau cuivre de communication, ferraillage de chantier, pots d'échappement (FAP), maraude des encombrants... Mais effectivement l'Europe a une meilleure idée : on facilite le remplacement... comme ça le prochain vol aura lieu plus rapidement !"

Le vrai nœud du problème, selon les professionnels du secteur, réside dans l'absence de contrôle sérieux des ferrailleurs et des centres de rachat de métaux. Aujourd'hui, un individu peut se présenter dans une ferraillerie avec plusieurs dizaines de kilos de cuivre sans qu'on lui demande de justifier la provenance du matériel. Les transactions se font en liquide, sans traçabilité, et le marché parallèle prospère.

Faciliter le remplacement des câbles sans s'attaquer à la filière de revente revient donc, pour les opérateurs, à alimenter un cycle sans fin : remplacement rapide, vol rapide, nouveau remplacement.

Ce qu'il faudrait vraiment faire selon les opérateurs

Les opérateurs de recharge réclament une mesure simple mais efficace : la vérification obligatoire de la provenance des métaux lors de leur rachat en ferraillerie. Concrètement, il s'agirait d'instaurer un système de traçabilité ou de déclaration pour toute personne — particulier ou professionnel — qui revend du cuivre, de l'aluminium ou d'autres matériaux stratégiques.

Ce type de dispositif existe déjà dans d'autres secteurs ou pays. Certains États imposent une déclaration d'identité et un délai avant paiement, d'autres exigent un certificat de provenance pour les quantités importantes. L'objectif est de rendre le rachat anonyme impossible et de dissuader les voleurs en augmentant le risque de traçabilité.

Pour l'instant, le risque pour les voleurs reste très faible. Les contrôles sont rares, les sanctions peu appliquées, et le marché parallèle offre un débouché facile. Tant que cette situation perdure, les opérateurs estiment que les vols continueront, quelle que soit la rapidité du remplacement des câbles.

Les professionnels du secteur appellent donc à une réponse réglementaire européenne ou nationale beaucoup plus musclée, qui cible directement la filière de revente. Sans cela, le nouveau règlement ne fera que faciliter la maintenance d'un réseau perpétuellement vandalisé.

Impact pour les utilisateurs de bornes publiques

Pour les conducteurs de véhicules électriques, les conséquences de ces vols sont directes et concrètes. Une borne dont le câble a été arraché devient indisponible pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, selon les délais de remplacement et les contraintes logistiques de l'opérateur.

Cet effet se propage ensuite en cascade : les bornes encore fonctionnelles dans la zone se retrouvent saturées, les temps d'attente s'allongent, et la planification de trajet devient plus compliquée. Sur un axe autoroutier ou dans une zone peu dense en infrastructures, une seule borne hors service peut bloquer un utilisateur ou l'obliger à un détour de plusieurs dizaines de kilomètres.

À plus long terme, certains opérateurs pourraient être tentés de répercuter une partie des pertes sur les tarifs de recharge, notamment dans les zones les plus touchées. Le coût des remplacements répétés, des interventions techniques et de l'immobilisation des bornes pèse sur l'équilibre économique des réseaux.

Mais au-delà du coût financier, c'est la fiabilité perçue du réseau public qui est en jeu. Pour un conducteur de véhicule électrique, la disponibilité des bornes est un critère déterminant dans la confiance accordée à la recharge publique. Un réseau vandalisé régulièrement, avec des bornes hors service pendant des semaines, freine l'adoption des véhicules électriques et nuit à l'image de la filière.

Témoignages d'utilisateurs et d'opérateurs

Sur le terrain, les réactions témoignent d'un sentiment mêlé d'impuissance et d'incompréhension. Un utilisateur de la métropole lilloise témoigne : "Au début je n'y croyais pas et là depuis peu c'est un carnage. Ça doit être des malheureux qui font ça parce que ça fait quand même beaucoup de risques pour pas grand chose !"

Côté opérateurs, l'investissement dans le déploiement de bornes — plusieurs milliers d'euros par point de charge — peut être dégradé en quelques minutes. Ce décalage entre l'effort d'équipement du territoire et la facilité du vandalisme alimente les appels à une réponse réglementaire beaucoup plus ferme, centrée sur les points de rachat et la traçabilité des métaux.

Type de vol Matériel ciblé Gain estimé pour le voleur Préjudice pour l'opérateur
Câble de borne publique Cuivre + aluminium 20 à 50 € 300 à 600 € (remplacement + intervention + indisponibilité)
Caténaire SNCF Cuivre haute tension 50 à 150 € Plusieurs milliers d'euros + retards trafic
Réseau cuivre télécommunication Cuivre télécom 30 à 80 € Coupure réseau + intervention urgente
Pot catalytique Platine, palladium, rhodium 100 à 300 € 500 à 1 500 € (pièce + main-d'œuvre)

Ce tableau illustre le déséquilibre entre le gain marginal pour les voleurs et le coût considérable pour les exploitants. C'est ce déséquilibre qui alimente la demande d'une régulation stricte de la filière de rachat, seule mesure jugée réellement dissuasive par les professionnels du secteur.

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